Le monastère d'Arkadi : l'explosion qui fit un symbole
Par Easy Crete Transfer Team
Le 8 novembre 1866, alors que des milliers de soldats ottomans enfonçaient les murs du monastère d'Arkadi, les défenseurs mirent le feu à la poudrière plutôt que de se rendre. Des centaines de personnes moururent en un instant, pour la plupart des femmes et des enfants qui s'y étaient réfugiés pendant la révolte crétoise. L'explosion s'entendit à travers l'île et, en quelques semaines, à travers l'Europe : les journaux s'emparèrent de l'affaire, Victor Hugo écrivit en soutien à la cause crétoise, et Arkadi devint le symbole du long combat de l'île pour l'union avec la Grèce. La Crète en commémore toujours l'anniversaire chaque novembre.
Le siège
Le soulèvement de 1866 contre la domination ottomane utilisait Arkadi comme centre de ravitaillement et lieu de réunion, et à l'automne le monastère abritait environ 940 personnes, en majorité des civils des villages voisins, aux côtés de quelques centaines de défenseurs armés sous les ordres de l'higoumène Gabriel Marinakis. Le commandant ottoman amena une armée avec de l'artillerie ; les défenseurs refusèrent les conditions. Après deux jours de combat, la porte céda, et tandis que les troupes s'engouffraient, la réserve de poudre, dans la pièce sans toit que l'on visite encore, fut mise à feu, par la main, veut la tradition, de Kostis Giaboudakis. Une poignée de personnes survécut. L'événement entra dans l'histoire sous le nom d'holocauste d'Arkadi, et il propulsa la question crétoise à la une des journaux, de Londres à Saint-Pétersbourg.
La visite aujourd'hui
La surprise d'Arkadi, c'est sa beauté. L'église au centre de la cour, bâtie en 1587, possède la plus belle façade Renaissance vénitienne de Crète, toute en colonnes et en courbes de pierre couleur miel, à photographier de préférence dans la lumière rasante du soir. Autour d'elle courent les cellules des moines, l'ancien réfectoire encore marqué par les combats, un petit musée de reliques et d'armes, et la poudrière laissée ouverte sur le ciel. Hors les murs, un ossuaire conserve les crânes des défenseurs. C'est toujours un monastère en activité, alors couvrez épaules et genoux ; l'entrée est modeste et les horaires saisonniers, à vérifier de préférence sur place.
S'y rendre et en faire une journée
Le monastère se trouve à environ 23 kilomètres au sud-est de Réthymnon, 30 minutes de route qui montent entre oliveraies et villages des contreforts, et le transfert de Réthymnon à Arkadi est la façon la plus simple de s'y rendre sans voiture de location. En arrivant de l'est, une course directe depuis l'aéroport d'Héraklion fait d'Arkadi une excellente première étape avant de prendre ses quartiers sur la côte. Associez la visite à un déjeuner dans un village de colline ou à la vieille ville elle-même, dont les strates vénitiennes et ottomanes sont décrites dans notre guide de Réthymnon.
Accordez-lui plus de temps que les groupes en autocar. Une heure suffit pour les bâtiments ; une deuxième heure, assis dans la cour une fois les groupes partis, explique mieux que n'importe quelle plaque pourquoi ce lieu tranquille porte le poids qu'il porte.
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